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Xenia França

Xenia França

Née à Bahia, au Brésil, Xenia França a commencé sa carrière en 2007 en chantant des sambas et des classiques de musique populaire brésilienne.

Xenia a prêté sa voix à plusieurs groupes, et a lancé son premier album solo, Xenia, en 2017. Membre engagée de la scène artistique brésilienne qui cherche à promouvoir et faire revivre la culture afro-brésilienne à travers la musique, Xenia chante en portugais et navigue entre les sonorités pop, électroniques et jazz en y intégrant des nuances de rythmes africains, plus précisément des rythmes percussifs de Bahia.

Sa musique traite de l’existence, de la beauté et du pouvoir des femmes noires, et donne une voix à la prise en charge féminine et la lutte contre le racisme.

Le jazz, les musiques afro-brésiliennes et afro-cubaines sont des saveurs qui relèvent un groove très présent dans son R&B. Le son de Xenia est actuel et dessine une great black music contemporaine : mondiale, engagée et sans frontières. Ce que confirme la présence de la chanteuse brésilienne sur l’incontournable chaîne Youtube Colors.

Nominée aux Latin Grammy Awards en 2018, pour son album ainsi que pour le single « Pra que me chamas ? », elle a multiplié les interviews et fait la une de la version brésilienne de Marie-Claire.

La France découvre enfin cette reine d’un R&B enrichi de ses racines panafricaines. Sorti en France à l’automne 2019, son premier album, révèle une artiste majeure, qui sera en tournée en Europe durant l’été 2021.

« Quiconque a la chance de la voir en action est impressionné par une présence qui remplit la scène de beauté, d’ingéniosité et d’une voix riche » Marie Claire

Elza Soares

L’icône septuagénaire de la musique brésilienne, Elza Soares, s’est entourée de la crème de l’avant-garde de São Paulo pour son 34ème album studio, dans lequel elle aborde les sujets brûlants du Brésil actuel : le racisme, la violence domestique, le sexe, la toxicomanie et le réchauffement climatique. Des guitares distordues, un cor hurlant, des éclats électroniques : de la “dirty samba” (samba sujo) éreintée par le rock, le free jazz et autres formes expérimentales sur lesquelles Elza chante, crie, crache les récits d’une vie au Brésil étant tout sauf un paradis tropical.

Sacrée “chanteuse du millénaire” par la BBC en 2000, ses capacités vocales hors du commun (trois octaves et demi) et son sens inné du rythme en ont fait la chanteuse la plus titrée du Brésil. Elle a chanté l’hymne du Brésil en a cappella au stade du Maracanã devant 80 000 personnes au cours de la cérémonie d’ouverture des jeux panaméricains en juillet 2007.

Véritable légende de la musique brésilienne, son oeuvre s’étale sur sept décennies au cours desquelles elle aura associé la samba au jazz, à la soul, au funk, au hip-hop et même à la musique électronique. Elza traîne un destin en dents de scie, autant de triomphes que de tragédies qui ont fait d’elle la voix des classes refoulées dans son pays… Née dans une favela de Rio de Janeiro, elle subit un mariage forcé à l’âge de 12 ans; remporte un radio-crochet organisé par le compositeur Ari Barroso à 16 ans; se retrouve veuve et mère de trois enfants à 21 ans. Sa carrière musicale débute à la fin des années 50 alors qu’elle chante dans les clubs et hôtels, se contentant parfois des coulisses en raison de sa couleur de peau…

Les années 60 marquent un tournant décisif dans sa carrière puisqu’elle enchaîne les classiques sur le label Odeon, bien qu’en 1966 elle soit vilipendée par la presse pour son histoire amoureuse avec le très célèbre footballeur Garrincha. Tous deux se retrouvent expulsés du pays après la prise de pouvoir de la dictature militaire en 1969. Ils auront un fils en 1976, décédé dans un tragique accident de voiture en 1986, alors que Garrincha, lui, disparut 3 ans plus tôt des suites d’une cirrhose…

Après plusieurs passages à vide, elle ouvre un nouveau chapitre du soap opéra qu’est sa vie. Désormais figure de la “samba sujo” – esthétique hype de São Paolo – Elza revient avec un album à mi-chemin entre post-rock et post- samba. Le comeback triomphant d’une chanteuse à l’émotion viscérale… « Sexe et noirceur », voilà ce qu’elle a répondu au producteur Guilherme Kastrup lorsqu’il lui a demandé ce qu’elle voulait sur ce projet.

Elza expérimente sans la moindre appréhension et modernise plus que jamais la samba à travers ce nouvel album, ce qui pourrait sembler surprenant au regard de son statut de vétéran légendaire de la musique brésilienne.

Album of the Year 2015 – ROLLING STONE BRAZIL
“Elza is the queen of samba” – Gilles Peterson