Totó la Momposina

Totó la Momposina

Le Retour de l'Authentique Reine de la Cumbia

Totó la Momposina est la synthèse rieuse des tambours africains et des soneros cubains, des danses coquines et des humbles prières. Toto chante comme un feu follet, embarquant trompette et bombos dans une sarabande où la tradition se nourrit de l’actualité..

Le répertoire se compose de rythmes multiples, aussi riches et variés que les sons et les couleurs qui en surgissent. A la fois chanteuse et danseuse, Totó la Momposina a gagné le respect et l’admiration par la puissance et la spontanéité de ses prestations.

Faisant appel à la musique et à la danse de la Colombie caraïbe, son travail est le résultat du formidable métissage des différentes cultures qui composent le pays. C'est l’expression d'une culture, dont les origines viennent d'Afrique (les esclaves), d’Espagne (les colons) et d’Amérique du Sud (indiens indigènes). Sur scène, la formation est presque entièrement composée d'instruments traditionnels : tambours, gaitas (flûtes), cuivres (trompette et bombardino), tiple (guitare à 12 cordes), basse, percussions. Le répertoire est composé d'une multitude de rythmes comme la cumbia, le bullerenge, la chalupa, le garabato et le mapale issus de la côte caraïbe, mais également du son cubain ainsi que de la guaracha, de la rumba et du bolero-son qui sont arrivés en Colombie par le village de San Basilio de Palenque.

Comme ses ancêtres, Totó vient du village de TaIaigua (situé au centre d'une île nommée Mompos, d'où "Momposina") qui se trouve sur Ie fleuve Magdalena. Au 16ème siècle, les invasions espagnoles ont forcé les indiens (habitants indigènes de Mompos) à fuir dans les forêts épaisses. Plus tard, ceux-ci se sont mariés avec des esclaves fugitifs. "La musique que je joue, explique Toto, a ses racines dans une race métisse à la fois africaine et indigène ce qui fait que la musique est entièrement fondée sur la percussion." Issue d'une famille de musiciens depuis cinq générations, Totó a appris à chanter et danser dès son enfance.

Dès son plus jeune âge, Totó a voyagé de village en village pour apprendre les rythmes et les danses, ainsi que l’art des « cantadoras » (chanteuses traditionnelles des villages). En 1968, elle forme son premier groupe et commence une carrière professionnelle, sa voix et sa présence scénique lui donnent très vite une grande réputation, elle commence alors des tournées internationales à travers les Amériques et l'Europe. En 1982, elle a accompagné Gabriel Garcia Marquez à Stockholm pour jouer lors de la cérémonie de remise de son prix Nobel. Quelques temps plus tard, elle s'installe en France et en Allemagne. Deux albums ont été enregistrés à Paris à cette époque.

En 1987, elle rentre en Colombie, fait des tournées en Amérique du Sud, dans les Antilles, et étudie le boléro à Cuba. En 1991, WOMAD (organisation de Peter Gabriel) l’invite à participer à de nombreux festivals à travers le monde. Elle enregistre "La Candela Viva" pour Real World en 1992. Depuis lors, Totó ne cesse de se produire à travers le monde.

«On vient au monde pour accomplir une tâche spécifique. Un talent s'enrichit de tout ce que la vie nous apprend, le temps amenant son potentiel à maturation. J’ai appris à prendre tout cela en considération et à le canaliser par mon travail et à respecter tout ce qui touche à mon travail, en l’occurrence ma voix.. Je me repose après un spectacle et me prépare pour celui du lendemain, parce que cela exprime le respect. C’est une façon de le respecter et de projeter ce respect sur les gens qui viennent me voir et sur ceux qui entendront parler de moi, mon futur public.

Les tambours font vibrer votre corps et le font réagir de manière instinctive, spontanée. C’est alors que vous sortez de vous-même et oubliez tout ce qui vous entoure. Plus rien n’importe.

Je ne cherche pas à devenir une étoile sur la terre mais plutôt une étoile de l’univers.»